Motivations

Comme une préface, un premier article peut présenter les raisons menant à l’écriture. Elles sont ici multiples, et je vais tâcher de les présenter, de manière aussi claire que possible.

La raison majeure, c’est qu’il m’est donné de vivre quelque chose que je qualifierais d’assez hors-normes, par définition. Hors-normes, parce que je suis une personne transgenre ; parce qu’identifiée en tant que garçon depuis la naissance, j’ai toujours ressenti que je ne rentrais pas dans cette catégorie que l’on avait choisie pour moi. Aussi incompréhensible que cela puisse sans doute paraître pour certaines personnes.

Je ne blâme pas ces dernières. Je ne veux pas les juger, de la même manière dont j’aimerais qu’elles ne me jugent pas. Comment se douter de la réalité lorsque notre culture nous pousse à ne pas se poser la moindre question sur de nombreuses notions ? Les différences ne dérangent pas sans raisons. Les normes n’en sont pas sans raisons. Mais ici, quelles sont-elles ? Depuis quand, dans quels buts sont-elles des normes ?

Mon expérience étant, je le pense modestement, suffisamment peu banale pour mériter d’être écrite (si ce n’est d’être lue ?), j’ai décidé d’ouvrir ce journal. Sachant que les notions ne sont pas forcément intuitives pour tout le monde, probablement par manque d’occasions de se confronter au sujet et devant l’apparente rareté (nous y reviendrons) des remises en question du standard, il me paraît important de dissiper des idées reçues, d’exprimer une réalité telle qu’elle est ressentie.

J’ai conscience, par ailleurs, que la question transidentitaire ne manque pas réellement de littérature sur Internet. Mon objectif est d’apporter un point de vue supplémentaire ; pas forcément différent, en tout cas complémentaire, car chaque vécu est distinct. À mon échelle, j’espère pouvoir éclaircir quelques zones d’ombres, et surtout partager quelques expériences avec autrui, de manière simple et sans prendre qui que ce soit de haut. Je n’utiliserai volontairement pas le vocabulaire employé dans les cercles militants, ou de manière très ponctuelle et appuyée, pour la simple raison qu’il réserve le propos aux gens qui en seraient déjà convaincus, ou au moins sensibilisés. Ce qui n’est pas forcément un tort, tout est une question de cible.

La cible, quelle est-elle, justement ? Personnes en questionnement de genre ; proches et amis d’icelles ; simples curieux qui souhaiteraient comprendre, en savoir plus ; spécialistes qui veulent vérifier que je ne dis pas d’âneries et me réprimander quand j’ai un mot malheureux ; n’importe qui, en fait, qui se sentirait concerné par mes courts récits, par mes divagations, par mes avis, par ma prose.

J’ignore si je ne parlerai que de ce sujet-là. Et je parlerai très probablement de féminisme, car je pense la question extrêmement liée avec ses luttes. Selon les évolutions de ce journal, peut-être parlerai-je un jour d’autres sujets, de hobbies par exemple. Mais ce n’est pas ce qui me préoccupe en ce moment.

Pour finir, je ne mords pas, et je suis capable d’écouter la critique.

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