C’est quoi, la transphobie ?

C’est le rejet des personnes trans pour ce qu’elles sont.

La partie la plus visible, c’est la partie haineuse ou méprisante. Le sommet de l’iceberg, c’est évidemment les agressions que l’on peut subir au quotidien. Et quand je parle de quotidien, c’est bien que si je sors tous les jours, je vais avoir tendance à être agressée (au moins verbalement) tous les jours, tant que je me situe encore dans une zone d’entre-deux, tant que l’on peut lire sur ma personne des signes visibles appartenant aux deux genres (par exemple, pour mon cas, un habillement clairement féminin avec des traits de visage qui peuvent pour certains être identifiés comme vaguement masculins).

Parlons de faits. Je suis souvent traitée de travelo, que ce soit directement (« hé, sale travelo ! ») ou indirectement (« hé regardez c’est un travelo ! »). Les autres insultes que je peux recevoir sont systématiquement au masculin, négation supplémentaire de ce que je suis. J’arrive assez bien à voir si l’on m’a identifiée comme trans : il me suffit de suivre les regards en coin et plissés, les rires, les murmures entendus de personnes qui sont en train de me regarder ou de me pointer du doigt sans aucune discrétion. Ils sont de plus en plus rares, mais tout récemment, même après deux mois d’hormones (et une apparence qui me permet d’être désignée comme « madame » dans la majorité des magasins), j’ai encore été confrontée à ce genre de propos, et à des débats publics quant à mon genre ; « la vie d’ma mère, j’vous jure c’est un garçon ! ».

Plus grave… Alors que je n’avais pas encore commencé le traitement hormonal, je ressentais parfois le besoin de faire un tour dans la rue avec une tenue féminine, expérimentant mon genre avec la très mauvaise idée d’attendre pour cela la nuit (cela possède toutefois une raison compréhensible, la nuit il y a moins de monde et donc j’avais moins de risques d’être reconnue par quelqu’un que je connaissais ; et je n’avais pas encore fait mon coming-out public). Cheminant sereinement, je traverse la rue à un passage piéton ; une voiture s’arrête alors. Les fenêtres s’ouvrent, j’entends qu’on m’insulte. « Fils de pute ! », « Sale pédé ! » sont criés. Je feins de ne pas entendre, je continue mon chemin. Le feu passe au vert, la voiture tourne et passe devant moi. Les mêmes insultes fusent de nouveau. J’ignore de nouveau. Je constate finalement qu’au bout de l’avenue… la voiture fait demi-tour. Panique, peur, je me mets à courir, je change de rue le plus vite possible, je me cache derrière une haie. Ce jour-là, j’aurais pu être agressée, j’aurais pu être retrouvée le lendemain matin la gueule en sang ou morte. Les journaux m’auraient alors présentée comme un travesti, ou n’auraient simplement pas parlé de moi (les personnes trans valent moins que les personnes cisgenre aux yeux des médias, même devant la mort).

On en parle peu, mais il existe aussi un important harcèlement transphobe sur Internet. Toute personne s’affichant publiquement comme étant trans, sur les réseaux sociaux, s’expose à une vindicte populaire permanente. Je ne connais pas de personne trans qui n’ait pas été touchée, qui n’ait pas reçu de messages haineux ; et j’en connais qui en reçoivent tous les jours, toutes les heures qui passent. Des messages méprisants, haineux, qui rient de ce qu’on est, de notre apparence, de nos choix. Des propos atroces. J’ai déjà lu que nous étions « Des erreurs de la nature, 100x pire que les pédés »… J’ai déjà lu qu’il fallait nous pousser au suicide. On nous qualifie de monstres, on nie notre genre d’élection, on nous considère ouvertement comme des anomalies à éliminer.

Dans l’échelle des valeurs et des genres, nous valons d’ailleurs encore moins que des femmes cisgenre. Depuis que j’ai commencé mon traitement hormonal, que mon apparence est moins ambiguë, j’ai moins de propositions indécentes. Clairement : on me propose moins souvent de l’argent pour que je me mette à genoux et que je fournisse une fellation. Moins de voitures s’arrêtent à côté de moi pour me proposer de faire un tour. Cela arrive toujours, je me fais toujours siffler et aborder, je subis le sexisme ordinaire, mais l’on me prend moins pour un objet sexuel (oui, j’en suis rendue là).

Comme je le disais, il ne s’agit toutefois que la partie visible de l’iceberg. S’il existe de tels propos, clairement haineux et méprisants, c’est que notre société toute entière est basée, dans ses valeurs, sur notre mise à l’écart, sur le fait que nous serions une anomalie, une exception monstrueuse.

Déjà, parce que de (trop) nombreux psychiatres nous considèrent comme ayant une maladie mentale. J’ai moi-même été confrontée, lors de ma phase d’acceptation et avant mon affirmation publique, à des amis m’assénant que la transidentité (pardon, le « transsexualisme ») était une maladie mentale grave. Qu’il s’agissait d’individus souhaitant arracher leur pénis (étrangement, on en parle d’ailleurs que de ce « sens » là ?) et ne respectant pas leur propre corps. En résumé, une méconnaissance sévère de ce qui constitue notre état, nos besoins. En France, encore, il existe un parcours psychiatrisant et pathologisant, s’auto-proclamant « officiel », la SOFECT. Il s’agit d’une association de praticiens (endocrinologues, psychiatres, chirurgiens…) se faisant fort de prendre en charge le « transsexualisme » (j’emploie les guillemets car il est bien clair que cette prétendue maladie mentale n’existe pas). Bien entendu, aucune personne trans ne fait partie de cette association irrespectueuse de nos parcours de vie. Les personnes concernées sont soumises à des batteries de test, majoritairement psychiatriques, et considérées comme malades. Elles sont souvent désignées avec leur genre de naissance par les soignants, même après une éventuelle réassignation génitale. Elles sont poussées à la chirurgie comme étant un but ultime, alors qu’il ne s’agit pas forcément même d’une étape (personnellement, je n’ai même pas encore envisagée la chose, cela viendra peut-être mais comme je l’ai dit plus tôt, je suis à l’aise avec mon anatomie à ce sujet). Elles sont considérées comme devant absolument être hétérosexuelles dans le genre d’élection (pour le coup, ça me disqualifierait d’office). Elles sont infantilisées, leurs rendez-vous sont pris sans que leur accord ne soit demandé, et leur apparence étant jugée à chaque rendez-vous (mais,  vous prétendez être une femme, pourquoi ne portez-vous pas de jupe ?). On leur prescrit des inhibiteurs de testostérone sans pour autant compléter avec la contrepartie en œstrogènes, pendant plusieurs mois, ce qui provoque de l’ostéoporose et un état de sévère dépression (le corps humain n’est simplement pas fait pour fonctionner sans hormones, cela pose des problèmes graves), ce qui est une usine à suicides et à exclusion sociale. En outre, les chirurgiens sont en France limités en nombre d’interventions génitales par an, ce qui empêche leur spécialisation. Nombre d’entre-nous partent en Thaïlande car les professionnels y possèdent un niveau bien supérieur, de manière incomparable. L’inconvénient majeur, c’est le prix : sans compter le voyage, il faut souvent compter aux alentours de dix-mille euros afin de s’assurer d’une reconstruction parfaite, et rien n’est remboursé par la sécurité sociale dans ce cas.

La transphobie naît aussi de ce que l’on appelle le cissexisme : le fait de réduire le genre à l’apparence physique, y compris intime ; parce que la société considère les femmes comme des incubateurs sur deux jambes, et surtout les hommes comme des pénis ambulants. Dans ce contexte, le statut des personnes trans est très lié à leur anatomie génitale, ce qui est pourtant très intrusif. De façon saugrenue, une partie du féminisme cisgenre est encore coincé dans ces conceptions, excluant les femmes trans en les voyant comme des prédateurs qui souhaiteraient infiltrer les milieux féminins afin de mieux commettre viols et agressions, et les hommes trans comme étant des victimes du patriarcat étant passées à l’Ennemi (et ignorant totalement l’existence des personnes non-binaires). Heureusement, nous assistons à une vague militante prenant en compte nos vécus et notre véritable nature, et sur laquelle nous pouvons, je le pense, fonder nos espoirs : celui de voir nos identités enfin reconnues et nos êtres enfin libérés de la simple classification biologique. Nous ne sommes aucunement à réduire à nos parties génitales et deux personnes possédant un utérus ne sont pas forcément plus semblables entre elles qu’à une personne en étant dénué. C’est avant tout de cela qu’il s’agit. On considère les hommes et les femmes comme étant des catégories biologiques, scientifiques, et impossibles à transcender, alors qu’il n’y a rien de plus faux. Il s’agit d’un état social et d’une identité, et l’apparence des organes génitaux visibles à la naissance n’est qu’un critère parmi tant d’autres pour que la personne s’affirme un jour être un homme, une femme, un peu des deux ou rien de tout cela ; d’après son ressenti, son vécu, sa manière de se percevoir. C’est une des sources de la transphobie. L’autre jour, je vais à un guichet SNCF pour prendre un billet de train, je présente ma carte jeune, la guichetière hallucine, et en moins d’une minute de conversation, elle me demande si j’ai « fait l’intervention ». Je vous laisse juger de la pertinence de la question en un tel contexte, de la part d’une personne que je ne connais pas… et de l’effet sur ma personne. J’ai été vraiment très choquée.

Le cissexisme, c’est aussi considérer que l’IVG fait partie du droit des femmes (il y a des hommes qui sont concernés ; cherchez Thomas Beatie sur google si vous avez la curiosité de voir un homme enceint, il a accouché de trois enfants) ; alors que l’on peut simplement parler de personnes possédant un utérus fonctionnel. C’est de dire que quand on a du courage, on a des couilles (enfin, pour le coup, c’est aussi sexiste, tout court).  J’arrête la liste là et je laisse votre imagination travailler sur l’ensemble des propos cissexistes que l’on peut tenir au quotidien. Ces propos n’ont certes rien de dramatiques lorsqu’ils sont pris individuellement ; mais mis bout-à-bout, dans leur ensemble, ils contribuent à signifier que les personnes trans sont anormales, au mieux des exceptions dont il n’est pas forcément pertinent de tenir compte lorsque l’on parle de la généralité.

Pourtant, dans ce contexte, on vit un véritable massacre à notre échelle.

En ayant été éduquée dans une famille particulièrement ouvert d’esprit et aimante, respectueuse et désormais très soutenante, j’ai pourtant attendu l’age de 27 ans pour m’accepter, pour admettre ce que je suis. La transphobie, je l’ai intériorisée, elle m’a poussée à combattre ma véritable nature, à me cacher, à me faire passer mollement pour ce que je n’étais pas. Elle m’a faite souffrir, me faisant concéder à tort que j’étais réduite à une condition d’homme n’acceptant pas sa propre virilité, là où j’étais en fait une femme ayant été assignée mâle à la naissance, conduite à une socialisation d’homme qu’elle n’avait jamais désirée, par défaut et parce qu’on ne lui avait jamais présentée l’alternative comme étant simplement possible. Dans les médias, l’on présente les personnes trans comme étant des hommes ayant voulu devenir des femmes, ce qui est absolument faux, ce qui est un modèle dans lequel il est très difficile de se reconnaître. Bêtement, parce que je n’ai jamais été un homme, et parce que je n’ai jamais voulu devenir une femme : j’ai toujours été une femme, je me suis toujours vue comme telle, je rêvais d’enfin pouvoir être considérée comme telle.

On nous présente comme des bêtes de foire, on nous pointe du doigt comme étant des curiosités au mieux, des monstres bien plus souvent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les femmes trans sont bien plus visibles que les hommes trans ou les personnes non-binaires : nous sommes bien plus spectaculaires, et avec la grille de lecture sexiste de la société les hommes trans seraient des femmes qui veulent améliorer leur statut, là où les femmes trans subissent de leur plein gré l’humiliation de la féminité, ce qui fait de nous des monstres à exhiber. Dans les œuvres culturelles, il est courant d’humilier les personnages masculins en leur faisant revêtir des atours féminins… et la surprise d’une femme qui est en réalité trans est un ressort comique archi-classique (et insultant)… Quand on pense au nombre de femmes qui sont violées, tuées ou tabassées parce qu’elles se révèlent avoir un pénis (ou en avoir eu un…), non, la blague n’est pas drôle, pas drôle du tout. Pensez-y : je serai peut-être un jour au nombre des victimes.

On considère même que nous ne devons pas nous reproduire. Dans les textes, la République Française exige encore notre stérilité afin de permettre notre changement d’état civil. Dans la théorie, pour avoir enfin un F sur ma carte d’identité, pour que les administrations ne me considèrent plus comme un homme, pour que les guichetiers et guichetières de la SNCF ne me demandent plus ce que j’ai entre les jambes, pour que les recruteurs ne partent plus du principe que je suis un travesti, il me faudra passer devant des experts pouvant affirmer que je ne suis plus capable de procréer. C’est, en soi, une forme d’eugénisme, que l’institution Européenne elle-même dénonce déjà… Sans compter le fait que la procédure de changement d’état civil est longue, coûteuse, humiliante. Ce sont des personnes tierces qui pourront décider de la légitimité de mon genre devant la République, qui auront même le droit de me la refuser, et à qui je devrai dévoiler mon vécu et mon intimité afin d’être reconnue à juste titre.

C’est dans ce contexte que nous vivons. C’est dans ce contexte que chaque jour, des personnes trans, pour la plupart en outre victimes de racisme, sont tuées chaque jour. C’est dans ce contexte que l’écrasante majorité d’entre nous meurent de leur suicide, souvent sans jamais avouer la réalité de la portée de leur geste, dans la honte ; l’autre alternative étant souvent la vie malheureuse passée à se cacher, à ne pas assumer, à pleurer dans son lit en rêvant à une vie que la société ne nous laisse pas espérer. On estime couramment une prévalence de la transidentité de l’ordre du pourcentage, mais c’est sans compter le nombre de personnes qui passent leur vie à se cacher, et celles qui ne dépassent pas l’adolescence, se suicidant en réalisant qu’elles ne pourront, de toutes façons, jamais vivre leur vie. Leelah Alcorn (pareil, vous devez faire fonctionner google si ce nom vous est étranger) en est un exemple très récent, mais qui n’a rien d’une exception. C’est parce qu’elle était blanche, de bonne famille, et qu’elle avait laissé une note de suicide sur Internet, que nous avons pu médiatiser et diffuser l’événement. Mais chaque jour, il y a d’autres Leelah Alcorn, souvent de couleur, souvent pauvres, souvent ignorées et méprisées, et dont on ne connaîtra jamais la véritable raison du suicide, étouffée par la famille proche ou parfois même jamais assumée.

Moi-même encore, en me regardant nue dans le miroir, j’ai du mal avec l’apparence de mon corps au bout de deux mois d’hormones. Je suis entre-deux, j’ai l’impression, le sentiment d’être un monstre. Pourtant, je sais pertinemment qu’il ne s’agit que d’une injonction sociale. Les canons de beauté sont très binaires, ne tiennent pas en compte de la réalité des personnes, même cisgenre. C’est une machine qui broie les individualités. Je dois m’en extraire. En fait… nous devons toutes et tous nous en extraire.

Il faut absolument que nous cessions de théoriser le vivant en oubliant la réalité de nos vécus, de nos identités, de ce que nous sommes. Nous ne faisons qu’entretenir une usine à dépréciations, à humiliations, à dépressions. Pourtant, ce que nous demandons, c’est simplement que nous acceptions enfin d’aimer l’Humain tel qu’il est, c’est à dire dans sa diversité. Prétendre qu’il existe des personnes normales et d’autres anormales, prétendre qu’il existe un standard, ce n’est ni plus ni moins qu’écraser tout le reste de l’humanité. Nous sommes une espèce particulièrement diverse, il n’existe pas deux individus qui soient identiques, même en prenant en compte le fait qu’il en existe des jumeaux. Aimer l’humanité, être humaniste, c’est aussi non pas tolérer (ce qui induirait une hiérarchie, une gradation, une normalité ne faisant qu’admettre une anomalie) mais bien accepter que les autres puissent ne pas être exactement pareils que nous. C’est respecter les vécus différents, les choix, les identités.

Nous y arriverons, j’y crois fermement, et cette certitude me permet de vivre.
Y’a du boulot. Il faudra de la visibilité, de l’éducation, de la sueur, des larmes.

Mais on y arrivera.

On n’a pas le choix.

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37 commentaires

  1. Un article exceptionnel, ce blog est vraiment très très bien écrit et n’ommet aucun cas de figure en matières d’identité trans. Merci Selene de faire ce blog, j’espère qu’il deviendra célèbre.

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    1. Wow. Je suis vraiment touchée. Merci à toi de m’avoir lue, les éloges me vont droit au cœur. Je vais tâcher de redoubler d’efforts pour continuer à fournir un contenu à la hauteur.
      N’hésitez pas à partager l’adresse pour que plus de personnes puissent comprendre nos vécus !

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  2. Excellent texte, l’un des plus complets et pédagogiques que j’ai pu lire sur la question (ce qui n’est pas un reproche, la synthèse comme la pédagogie, surtout concernant un sujet aussi personnel, sont des arts difficiles).

    Sans pour autant vouloir négliger le travail des autres militant-e-s trans, je pense que ton blog en général et ce billet en particulier devraient être lus par tous.

    Bon courage pour la suite, je te remercie sincèrement de nous faire ainsi profiter de ta plume et ton expérience.

    Tous mes vœux de bonheur ! 🙂

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    1. Merci, cela me touche beaucoup de lire ce genre de commentaires. Pour ce qui est du travail de chacun-e, je pense que toutes les personnes concernées ont leur manière d’agir et je me verrais mal blâmer qui que ce soit en effet. Chaque personne a sa façon de survivre face à ce que nous vivons…

      La priorité est de se protéger. Ensuite, si on trouve des ressources pour faire autre chose, c’est tant mieux. 🙂

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  3. @ vous, Selene,

    Le texte est simple, clair, précis, sans indulgence ni pathos. Le sujet est difficile mais vous avez réussi, Selene, à me faire comprendre encore un peu – beaucoup – plus ce qu’est la dureté de votre vie. Une vie dure, non pas parce que vous l’avez choisie, mais simplement pour avoir assumé qui vous êtes. Une vie dure, non de votre fait, mais du fait du regard des autres. Dont je fais partie, je n’en doute pas.

    Je ne viens pas ici pour exprimer une culpabilité. En revanche, je suis venu ici parce que j’y ai été invité, et je vais y revenir – si cela ne vous dérange pas – pour apprendre.

    Vous avez une très belle plume. Vous vous en servez pour dire des choses importantes. Deux raisons pour vous dire merci.

    A bientôt sur votre blog.

    M.

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  4. Bonjour Selene,

    L’étudiante en archéologie qui est en moi ne peut pas s’empêcher de sourire à ce (très beau) prénom.

    Ce texte, en particulier, est un des plus complets que j’ai pu lire jusqu’à présent, un article excellent tant sur la forme que le fond.

    Si j’apprécie généralement le travail des militant-e-s, je dois admettre que ton blog est l’un des seuls qui a attiré mon attention à ce point. Transgenre, je me suis reconnu dans tes articles et ton vécu. Je ne peux que te souhaiter tous mes vœux de bonheur et de réussite, et de diffuser (si tu es d’accord) ton article autour de moi, car je le trouve réussi, intéressant, fouillé, et réellement percutant.

    Nate.

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    1. Merci ! J’y ai passé du temps et du cœur.

      Je suis évidemment tout à fait d’accord avec la diffusion de cet article. Il est écrit pour être partagé.

      Bon courage à toi également !

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  5. Vous avez le choix. Le choix de ne pas rester dans cet environnement invivable. Il existe des endroits sur Terre, où vous pourrez marcher dans la rue, travailler et vous amuser en recevant le minimum de regards et remarques. Après, il faut être prêt à tout claquer pour ça. Seriez-vous prête, vous ?

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      1. En fait, je suis parti en Thaïlande il y a 2 mois, dans l’optique de confronter la normalité française avec son anormalité globale. Et dans les critères qui m’intéressaient se trouvait la place des trans et des crossdressers dans la société thaïlandaise, jugée la plus propice au monde, à leur intégration.
        Et je peux vous assurer que marcher dans la rue là bas et ici, ce n’est pas la même chose. Il y a un véritable avenir là bas, si peu qu’on arrive à passer les barrières (telles que la politique de visas, la langue, le travail et les amis à trouver).

        Je ne dis pas que tout est rose là bas. La France a ses avantages, c’est sûr. Sauf qu’à côté, elle n’est pas le meilleur coin du monde pour être accepté quand on est trans. Et honnêtement, je préfère partir trouver un cadre dans lequel je me sentirai bien, plutôt qu’essayer de changer désespérément celui dans lequel je suis, et qui lutte constamment contre le moi que je tente de faire accepter.

        Après, les mentalités vont peut-être changer avec le temps, sûrement même. Mais d’ici là, quelle galère. :/

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  6. Simplement un message d’amour, ce sont bien trop souvent les personnes remplies de haine qui se permettent de cracher leur fiel. Je suis une femme cis et j’ai encore beaucoup à apprendre, à comprendre, et cet article m’y aide, merci. Puisse un jour le monde voir les personnes transgenres telles qu’elles sont : de bien plus belles âmes que beaucoup trop de personnes parmi nous toustes. Bon courage, belle continuation, et merci beaucoup pour ce partage.

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  7. Déjà, merci pour cet article, je ne connaissais pas ce blog, je pense que je vais aller le parcourir.

    Je voudrais simplement apporter un peu de positif, tout n’est pas rose, mais tout n’est pas noir non plus. Je suis ftm, j’ai été « ouvertement trans » aussi bien irl que sur plusieurs réseaux sociaux pendant longtemps (je préfère me présenter directement en tant qu’homme à présent, je part du principe que ce que j’ai sous la ceinture ne regarde que moi.) et je n’ai jamais eu de problèmes de harcèlements/insultes sur ce sujet pour autan. J’ai peut être simplement eut de la chance, ou alors j’ai su m’entourer des bonnes personnes/communauté.

    Je trouve que le plus compliqué reste avec les proches, la famille et le travail, mais ca n’est que mon vécut. Je voulais juste éclaircir un peu le tableau. Tout n’est pas rose mais les mentalités évoluent doucement. Globalement, ma génération (j’ai 19ans), du moins les gens que je fréquente, sont assez ouvert d’esprits et je n’ai jamais eu de problèmes avec. J’ai biensure eu des questions déplacés, quelques proches incapables d’accepter les choses, mais rien de tel qu’une agression pour le moment. (Et j’espère que ça va durer. )

    Il y à biensure encore des progrès à faire, beaucoup même notamment sur le plan médicale et juridique, mais je pense qu’on va dans le bon sens.

    Encore merci pour cet article, et bon courage pour la suite !

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  8. Cet article (et ton blog en général) me donne 2 envies : te faire d’énormes câlins parce que putain personne devrait avoir à se battre pour être accepter tel qu’il ou elle se sent, et me battre pour soutenir toutes les personnes qui sont dans le même cas. J’espère que ça se passera mieux pour toi ❤ !!!

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  9. Excellent article et blog! Pour la bonne compréhension (n’habitant pas en France…), est-ce que la carte « jeune » de la SNCF mentionne le sexe? Je me demandais si l’étonnement de la guichetière était lié à une telle mention, ou à la photo.
    Au-delà, en Suisse, l’Union des transports publics (UTP) vient de lancer, il y a pile deux semaines, une carte appelée « SwissPass », qui mentionne le sexe. Pour l’heure, cette carte sert de « support » à deux abonnements des Chemins de fer fédéraux (CFF), qui mentionnaient déjà le sexe (mais cela depuis quelques années seulement). A terme toutefois, le SwissPass servira également de support aux abonnements d’autres entreprises de transports publics, qui n’indiquent généralement pas le sexe. Il est donc intéressant de savoir ce qu’il en est ailleurs…

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    1. Merci !

      La carte jeune ne mentionne pas le sexe en France. Dans mon histoire, la photo et du prénom mentionné sur la carte ont suffit pour que l’agente assigne l’identité au masculin.

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      1. Merci pour la précision! Ça me fait penser que dans certains pays (aux Pays-Bas par exemple), on mentionne, dans la correspondance, souvent uniquement l’initiale (ou les initiales) du (des) prénom(s), cela peut être assez pratique.

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  10. Salut, juste pour dire que cet article est très intérressant et bien expliqué. Je suis tombé sur ce blog via des posts sur madmoizelle.com et ce n’était pas très clair… je vais regarder tes autres articles. Bonne soirée à toi^^

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  11. Je tiens a te dire que ton blog est une merde sans nom et que c est par homophobie ou bien sexisme que je dis cela il faut etre réaliste tu n’as aucun talent a par celui d avoir changer de sexe autrement tu n as aucun niveau d étude et tu es très bas dans l’échelle social c est pas en changeants de sexe que tu vas avancer

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