Conclusion à la lettre ouverte à Oubéret

J’ai pu avoir une conversation téléphonique, posée et respectueuse, avec le chanteur du groupe Oubéret, Jocelyn Epinette. Je suis ravie d’avoir eu cette opportunité.

J’ai pu expliquer avec d’autres mots ce qui caractérisait la mécanique transphobe d’un ressort humoristique. J’ai pu expliquer également en quoi cela ne préjugeait aucunement de la bonne volonté et des valeurs des artistes. Le groupe n’avait effectivement pas conscience de cette mécanique, et défendait en outre des valeurs telles que l’acceptation des autres comme ils sont, ainsi que de l’homosexualité.

Les réactions, parfois maladroites, venaient aussi du terme de transphobie, qui, s’il est pertinent pour décrire la réalité que l’on subit, n’était pas le mieux choisi stratégiquement pour le partage de la lettre, car les personnes n’étant pas habituées aux militantismes ont tendance à le vivre comme une remise en question de leurs valeurs humaines. D’un point de vue purement pédagogue, c’était une erreur, d’autant que les réseaux sociaux ont tendance à rendre les conversations complexes.

Jocelyn m’a par ailleurs assuré qu’il comprenait en quoi la chanson pouvait m’être blessante. Je ne suis pas absolument sûre que le fait qu’elle cause du tort soit tout à fait clair ; on peut toutefois reconnaître que c’est une mécanique qui est très difficile à identifier quand on ne vit pas la même chose que nous.

Il m’a toutefois assurée de sa prise de conscience et du fait qu’il prendrait en compte notre discussion dans l’avenir ; que le sujet ne serait abordé qu’avec les précautions qui s’imposent. Une porte est restée ouverte à la communication entre nous à l’avenir, au cas où nous en aurions besoin.

En l’état je ne peux personnellement pas recommander le groupe tant que cette chanson est au répertoire, ce qui vaut pour ce que c’est : un avis personnel.

Merci à Oubéret pour votre écoute. Merci à celles et ceux qui m’ont soutenue lors de cette histoire.

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Lettre ouverte au groupe Oubéret

Bonjour,

Vous ne me connaissez pas, aussi me semble-t-il utile de me présenter. Je m’appelle Selene Tonon, et je suis une femme de 29 ans. Passionnée d’univers fantastiques depuis mes plus jeunes années, j’ai concrétisé ma passion l’espace d’un weekend à la dixième édition du festival Cidre & Dragon, à Merville-Franceville, où j’ai pu assister au concert où vous teniez représentation en seconde partie. Nous étions alors le samedi 17 septembre, au soir.

J’ai découvert votre groupe, que je ne connaissais pas, en toute honnêteté. J’ai beaucoup apprécié le début de votre prestation, vous avez beaucoup de talent et vous avez réussi à chauffer la foule comme nul ne saurait le faire à votre place. Même la pluie ne suffisait pas à ternir l’ambiance générale, la musique était de bonne qualité, d’une interprétation sûre. Sans avoir l’habitude de danser, il était aisé et motivant de rejoindre la foule et d’improviser les quelques pas, exhortés par votre chanteur, très charismatique. Jusqu’à ce que vienne l’une de vos chansons, que je suppose avoir pour titre “La reine déneige”, ayant depuis consulté votre discographie. (suite…)